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L'Interview SKIILL par Alexandre VAGNE (Groupe Beaumanoir)


« En tant que recruteurs, nous recherchons des profils avec des expériences riches et variées, un parcours évolutif. Mais nous voulons dans le même temps que les recrutés restent chez nous longtemps, c’est un peu paradoxal »


Alexandre Vagne, Directeur Régional Vib’s (Groupe Beaumanoir)


Photo d’Alexandre Vagne


Suite à la crise du COVID-19, comment voyez-vous l’évolution du Retail à court terme ?


A court terme, la situation va être compliquée pour notre secteur, avec malheureusement beaucoup d’enseignes en difficulté (La Halles, Naf Naf, Devianne, Orchestra, Camaïeu, …)

Néanmoins les performances restent très hétérogènes suivant le secteur d’activité. En effet les secteurs du PAP, de la chaussure, de l’ameublement/décoration et du bricolage ont souffert mais l’alimentaire et le business on-line ont fortement progressé.

Quelles sont les conséquences de cette accélération ?


Les premières conséquences pour le Retail sont d’assurer efficacement l’activité commerciale, la gestion du stock, nos frais de personnel et le tout dans un contexte de décalage calendaire important.

Avec la crise du COVID-19, la nécessité de distanciation sociale a fait que beaucoup d’enseignes (tous secteurs confondus) ont accéléré la digitalisation de leurs points de vente (Drives, e-réservations, paiements sans contact, Uber…). Cela va se poursuivre. Prenons l’exemple de Decathlon qui a vu son CA web progresser de 7 à 30% de part CA durant le confinement.

Je crois aussi que la tendance au produit local, au made in France, à l’éco-responsabilité, va modifier nos magasins (implantation, taille, conception). Cela changera forcément notre façon de vendre et donc de recruter…


Comment expliquez-vous que le Turn-over* soit aussi important dans le Retail par rapport à d’autres secteurs ?


C’est multifactoriel, et là encore les choses ont beaucoup changé en quelques années.

Tout d’abord, le gros des effectifs du Retail se situe sur les points de vente ou en logistique, à des postes plutôt à temps partiels, et qui nécessitent peu de qualification.

On y trouve donc naturellement des étudiants, des nouveaux entrants sur le marché du travail ou encore des profils peu qualifiés. Ceci conduit à un turn-over naturel plus élevé que dans d’autres secteurs.

En effet, les personnes recrutées restent toujours à l’écoute du marché pour une base horaire plus importante, un package de rémunération plus favorable ou un poste plus en lien avec leur qualification.

Même à des postes plus qualifiés, de managers ou de directeurs, nous retrouvons le même effet avec un jeu de concurrence important entre les différents acteurs du Retail.

La perméabilité est de plus en plus forte sur notre secteur, un manager en alimentaire pouvant tout aussi bien manager en équipement de la personne.

Ensuite, on remarque que le niveau d’attachement à l’entreprise et les perspectives d’évolution professionnelle ont fortement évoluées.

Plus personne ne bosse 40 ans dans la même boite. Il est désormais quasi obligatoire de présenter sur un CV plusieurs enseignes et plusieurs secteurs.

En tant que recruteurs, nous recherchons des profils avec des expériences riches et variées, un parcours évolutif. Mais nous voulons dans le même temps que les recrutés restent chez nous longtemps, c’est un peu paradoxal.

Enfin, parlons des nouvelles générations X, Y et Z. La génération X qui démontre plutôt une fidélité à l’employeur et un respect de la hiérarchie.

La génération Y (ou « digital native ») qui va prioriser une bonne qualité de vie au travail et qui sera attachée aux valeurs de l’entreprise.

Et enfin la génération Z (« zapping »), qui est ultra connectée, va avoir en plus de la génération Y (bien-être au travail, plaisir, écoute et reconnaissance) un goût souvent prononcé pour l'entrepreneuriat.

Les marques/enseignes doivent réussir à s’adapter à ces nouvelles générations, en les attirant et en les conservant, ce qui n’est pas toujours évident, notamment pour des marques qui existent depuis longtemps.


Aujourd’hui quelles difficultés rencontrez-vous lorsque vous recrutez ?

Je dirai 2 principalement.

La première est de réussir à attirer les bons candidats. Malgré un réseau de magasins très développé en France et à l’International (182 magasins en France et 4 à l’International), la marque VIB’S souffre encore d’un manque de notoriété.

La seconde difficulté est celle à mon avis de tout recruteur, de toute entreprise aujourd’hui, et je commence systématiquement mes entretiens de recrutement en l’exprimant.

L’objectif d’un recrutement est d’assurer une parfaite synchronisation entre le profil et l’entreprise. C’est-à-dire qu’au-delà de la validation des compétences techniques et des savoir-être du candidats, l’entretien doit valider que le « couple » candidat/entreprise sera gagnant/gagnant et vivra longtemps.

Nous ne devons pas seulement nous attacher à la performance passée, à l’expérience de notre candidat, mais aussi au plaisir qu’il prendra à faire son métier chez nous, au sein de nos équipes. Sera-t-il adapté à notre mode managérial, à notre organisation ?

C’est très important à mon sens car cela conditionne la réussite du recrutement mais aussi la pérennité de la relation.

Enfin, l’onboarding* sera tout aussi important car le recrutement ne s’arrête pas à la signature d’un contrat mais bien à la fin de la période d’essai.

Merci Alexandre !

*Turn Over : le roulement des effectifs au sein d’une entreprise.

*onboarding : désigne les actions mises en place par une organisation pour intégrer de nouveaux salariés

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